Le mot de Philippe Grison, directeur général

La nouvelle saison se dévoile en vous promettant bonheur et découverte. L’essence du concert est d’abord de divertir, et la musique, art sensuel par excellence, remplit cette fonction depuis toujours. Le temps du concert est en effet propice à l’évasion, au rêve. Sa fusion avec l’élément sonore, dont la savante alchimie fait appel à la fois au génie du créateur et au talent de l’interprète, propulse l’auditeur au sommet de la jouissance. Art des sens mais aussi art savant, la musique a engendré d’innombrables chefs-d’œuvre dont certains, parmi les plus significatifs, vous sont présentés tout au long de la saison. Au Concerto pour piano de Tchaïkovski, prince du genre qui ouvre cette série, font écho, sept mois plus tard, les envolées mystiques, tant dramatiques qu’éthérées, du Requiem de Mozart. Entre ces deux piliers du répertoire s’imposent, tels des marqueurs esthétiques, les trois Concertos n° 20,  21 et 24 du maître de Salzbourg, et le flamboyant oratorio La Création de son glorieux modèle, Joseph Haydn. Ce dernier incarne à merveille notre propos, l’alliance de la science et du divertissement. Cinquante ans plus tard, Brahms lui sera à son tour redevable. Le concert du 13 janvier, qui propose les lumineuses Variations sur un thème de Haydn, de Brahms, le brillant Concerto pour violoncelle de Haydn et le puissant Double Concerto de Brahms, vient le rappeler fort à propos.Tout au long des siècles, la création s’est souvent nourrie du mythe, tel celui d’Homère. Reprogrammé après le succès de l’été dernier au festival d’Avignon, Homeriade devrait à nouveau frapper les esprits grâce aux talents conjugués de Dimítris Dimitriádis, de Martin Romberg et de Robin Renucci. Un événement théâtral et musical marquant !

Une nouvelle fois à l’honneur, la musique d’aujourd’hui adopte différents visages. Dans son Ave Maria, Sir Alice réalise la fusion entre le profane et le sacré ; dans son Premier Concerto pour piano, Thomas Enhco virevolte avec une grande finesse entre jazz et tradition classique. Soucieux de porter le créateur au cœur de notre vie culturelle, le chef Michel Tabachnik assume depuis des décennies un rôle majeur de passeur infatigable. Le 7 avril, cet interprète éclairé de Yannis Xenakis propose un concert rare où l’une de ses pièces entre en résonance avec celles d’autres figures majeures du xxe siècle, tel le Japonais Toru Takemitsu.

Les solistes réunis pour cette nouvelle aventure se font une joie de vous accompagner. À commencer par Alexander Ghindin, Henri Demarquette et François-Frédéric Guy, ce dernier dirigeant Mozart du clavier lors de deux concerts exceptionnels. Nathalie Manfrino et Jennifer Michel, qui font le bonheur du répertoire vocal français, présideront aux destinées des concerts de Noël et de clôture. Chloé Hanslip et Cordelia Palm se répondront au violon. Quant aux autres solistes, ils se font une joie d’entourer Samuel Jean dans d’enthousiasmantes célébrations sonores. Rejoignez-les sans tarder !