Philippe Grison, directeur général

Spiritualité et humanisme. On ne le rappellera jamais assez : les saisons musicales de l’Orchestre Régional Avignon-Provence privilégient la diversité des genres et des styles. Notre souci constant est de vous proposer des programmes qui embrassent la totalité du répertoire symphonique, du baroque au contemporain, de l’effectif de chambre à la grande formation, avec le concours des interprètes les plus accomplis. Le cycle qui s’ouvre en octobre est empreint de spiritualité et la Messe en si de Bach en constitue la figure de proue. Père de la musique occidentale, Bach a réalisé ici la fusion de la messe latine et du culte luthérien. Elle est le symbole de la création universelle, que chaque être humain, religieux ou non-croyant, est à même d’assimiler au sein de son parcours personnel. Que notre joie demeure… La musique sacrée se fait souvent dramatique pour exprimer les affres de l’être tourmenté en quête de paix. Pourtant, des pages sereines du Requiem de Gabriel Fauré, si représentatives de l’esprit français, se dégage une spiritualité qui confine à l’immatériel. Comme un symbole, la saison débute sur le diaphane Cantique de Jean Racine. La dimension universelle, une oeuvre, plus que tout autre, l’incarne. En inaugurant l’ère romantique, la Neuvième Symphonie de Beethoven exprime l’élan panthéiste d’un créateur tourmenté qui lègue à la postérité une pièce grandiose, portée par une dramaturgie symphonique et chorale souveraine. Avec son message utilisé à foison, parfois galvaudé par les régimes politiques les moins fréquentables, repris également pour symboliser la fraternité européenne, l’Hymne à la joie de la Neuvième est indissociable de la marche moderne des peuples. Cette symphonie des symphonies résonnera pendant la période de l’Avent, précédée de la Suite de Pelléas et Mélisande de Debussy. Un concert qui revêt quasiment une signification géopolitique. Malgré les vicissitudes historiques, l’axe franco-allemand n’a jamais cessé de fonctionner… La rencontre du germanisme et de l’esprit français forme d’ailleurs le second fil rouge de cette saison. Outre la Neuvième, deux oeuvres majeures de Beethoven vous sont proposées : son lumineux Concerto pour violon et sa vibrante Symphonie Héroïque. La germanité est aussi moins théâtrale chez Schubert, plus méditerranéenne chez Mendelssohn qui regarde du côté de Chopin. Le goût français, depuis Bach, est européen. Debussy, avec Pelléas et Mélisande ; Ravel, avec le merveilleux de Ma Mère l’Oye et l’énergie incroyable de son Concerto en sol, en forment la quintessence. </br> Alexandre Tharaud, Giovanni Bellucci, Suzana Bartal, Juliette Hurel, Shani Diluka et Olivier Charlier rejoignent Patrick Davin, Michel Piquemal, Benjamin Pionnier, Roberto Rizzi-Brignoli, Julien Chauvin et Samuel Jean autour de cette joyeuse célébration de l’humanisme musical à laquelle nous vous convions chaleureusement.

Philippe Grison, directeur Général