Direction Jonathan Schiffman-Piano Michael Rudy
Le Dimanche à - Colline du Puy -
Durée : 60 min
Concert d'ouverture
Véritable manifeste, la Symphonie n°3, dite Eroica, de Beethoven est l'une des clefs qui ouvre le XIXe siècle musical. Ce siècle ne fut pas que celui du romantisme : dans l'effervescent sillage de la Révolution française et à l'imitation de l'impétueux Beethoven, chaque créateur revendiqua le droit d'exprimer sa pensée politique, indépendamment de ses commanditaires ou du marché de la musique, et lutta pour conquérir un digne statut social, loin de son ancien état de servitude. Tel est l'horizon - musical et extra-musical de cette Symphonie n°3.
En 1802-1803, au moment où il débuta la composition de cette symphonie qu'il envisageait de sous-titrer Symphonie Bonaparte, Beethoven s'enflammait pour le Bonaparte qui portait fièrement les idéaux de la Révolution française. En 1804, furieux de constater que le souverain français entreprenait un autocratique destin solitaire, il biffa le sous-titre et, en 1806, dans la première édition de son œuvre, mentionna, avec ironie : « Symphonie héroïque composée pour célébrer le souvenir d'un grand homme ».
Quant à l'écriture musicale et quoiqu'elle conserve le même effectif que les deux premières symphonies, elle en amplifie considérablement l'envergure. L'adieu à Haydn est définitif et le destin créateur personnel est pleinement affirmé. L'orchestre romantique trouve ici son acte de naissance. Dans les années 1820, il reviendrait au jeune Mendelssohn, à Weber, à Berlioz et à Rossini de faire vivre, à cet orchestre romantique, sa première maturité.
Depuis lors, l'orchestre beethovenien n'a cessé de poser son indélébile empreinte. Vers 1870, le Norvégien Edvard Grieg, même en servant avec passion le genre du grand concerto romantique (et en offrant du miel à des grands solistes tel Mikhail Rudy), marcha dans le sillage orchestral de Beethoven. Quant aux actuelles générations de compositeurs qui, tel Éric Tanguy (né en 1968), ont souhaité prendre en charge l'héritage musical occidental, l'orchestre beethovenien leur est évidence, pain quotidien et appel à le dépasser : Incanto l'atteste.
Frank Langlois
Prix des places : | Catégorie | 1 | 2 | 3 | 4 |
| Plein tarif | 40 | 30 | 20 | 10 |
| Groupes | 35 | 25 | 15 | 7 |
| Jeunes | 20 | 15 | 7 | 4 |