Direction Pascal Rophé -Soprano Michelle Canniccioni-Mezzo soprano Carolina Faria
Le Vendredi 09 Avril 2010 à 20h30 - Eglise St Pierre - Avignon -
Durée : 20 min
Au début des années 1970, Philip Glass s'associa à Terry Reiley et à Steve Reich pour fonder, une esthétique qui allait rapidement faire grand bruit : le mouvement minimaliste-répétitif. Contrairement aux avant-gardes qui, après la Seconde guerre mondiale, étaient nées en Europe puis avaient essaimé par tout le continent américain, ce mouvement ne se souciait pas d'écrire le plus rigoureusement possible mais principalement d'être bien reçu par le public. S'adossant à un seul élément de la pensée de John Cage - un compositeur n'est pas un élu mais un artisan parmi tant d'autres -, il reprit sciemment l'usage d'un langage musical désuet depuis le début du XXème siècle : la tonalité. En outre, il mit en place la répétition - identique ou légèrement décalée - comme processus pour conquérir la durée. Lorsqu'un compositeur et un interprète répètent une formule - mélodique, harmonique et, surtout, rythmique - ils créent, chez leur auditeur, une attente. Attente de ce qui est connu et qui revient comme on l'attendait. Progressivement, l'évènement attendu n'entre plus dans la conscience mentale mais dans des mécanismes du réflexe. Cet alliage d'auditions consciente et réflexe est une des conditions pour qu'un rituel existe.
L'expérience venant, Philip Glass fera de la répétition un des éléments, parmi d'autres, qui constituent son langage : sa Symphonie n°3 (1995) l'atteste. Féru de contrepoint renaissant et baroque, il est devenu un compositeur de genres, tout comme il existe des grands cinéastes - Stanley Kubrick ou Barbet Schroeder - qui, volontairement, emploient les codes appartenant à des genres identifiés (film historique, film policier, film d'aventures, comédie, etc) pour mieux les subvertir et en faire de dociles outils manipulables à leur guise, hors de leur contexte initial. Parmi les autres compositeurs de genre, comment ne pas citer Stravinsky ou Ligeti ?
Bien entendu, Stabat Mater de Pergolesi porte une intense force de rituel. Sans doute le texte - un poème marial écrit au XIIIème siècle (Jacopone da Todi en est réputé l'auteur) et par lequel, Marie, au pied de la croix, raconte et chante, avec douleur, la passion de son fils - y a-t-il sa part, avec ses vingt strophes de trois vers. Mais l'apport de Pergolesi, âgé de vingt-six et à deux mois de mourir continue, presque trois siècles après, à bouleverser l'auditeur actuel. Avec deux seules voix (soprano et alto) réparties en sept duos et cinq soli, pas de chœur, un simple ensemble de cordes et sa basse continue, voici les sobres moyens dont Pergolesi use pour atteindre une expressivité, aussi réglée par la rhétorique que abandonnée à l'émotion la plus pure. Autre forme de rituel...
Frank Langlois
Prix des places : | Catégorie | |
| Plein tarif | 25 |
| Groupes | 15 |
| Jeunes | 20 |