Ce concert nous conduit en Europe centrale, à cet exemplaire carrefour entre les mondes latin, germanique, hongrois et slave. Polyglotte et accueillant aux cultures les plus diverses, cet espace géographique a incité ses meilleurs artistes à envisager largement l'acte de créer. En musique, il a favorisé un singulier et généreux mélange entre musiques écrites et musiques orales ; en outre, il a cultivé, avec gourmandise, la partie médiane du spectre sonore, ces notes situées au milieu de notre capacité auditive où s'effectue le dense travail d'écriture polyphonique et … où seuls les grands compositeurs (par exemple : Haydn, Beethoven et Ligeti) triomphent !
Pour Haydn, le concerto pour soliste fut un véritable laboratoire où il testa et mit en scène les instruments nouveaux (le XVIIIe siècle fut une ère d'effervescence organologique) et les capacités inouïes qu'offraient les nouveaux modes de jeu propres aux anciens instruments. Par exemple, pour le violoncelle, il s'agit de dégager le pouce de la main gauche et de lui faire quitter le dos du manche afin de lui permettre, comme les quatre autres doigts, d'appuyer sur les cordes. Ainsi naquit une nouvelle virtuosité. Et, comme d'habitude chez Haydn, la recherche est cachée par une faconde expressive et par l'intense désir de toucher chaque auditeur.
Autre laboratoire, éminemment discret : la Symphonie n° 8 de Beethoven, promptement écrite en 1812. Placée entre deux « monstres », les septième et neuvième, elle est concise, alerte et joueuse. Mais derrière cette façade enthousiasmante, Beethoven y expérimente de hardis processus d'écriture qui seront tout le sel de ses derniers quatuors à cordes. Il n'est pas si fréquent d'être admis dans l'atelier beethovenien. Profitons-en !
Enfin, Gÿorgy Ligeti (1923-2006) est des plus éminents compositeurs de la seconde moitié du XXe siècle. Son esprit de recherche permanent le conduisit, dans les années 1960, à concevoir deux types d'écriture – des plages immobiles où rythmes et hauteurs sont indistincts et que hérissent de menus évènements sonores ; des sections actives où la matière sonore grouille de jeux d'intensités et de timbres. Ramifications (1968-1969) – pour deux groupes de cordes différant d'un quart-de-ton – et Concerto pour violoncelle (1966) – le soliste y dialogue avec orchestre réduit – en sont des exemples intrigants et séduisants.
Créer et chercher ne vont-ils pas de pair ?
Frank Langlois
Prix des places : | Catégorie | 1 | 2 | 3 | 4 |
| Plein tarif | 35 | 30 | 20 | 10 |
| Groupes | 28 | 20 | 14 | 7 |
| Jeunes | 17 | 13 | 7 | 4 |