Direction Jonathan Schiffman-Piano David Greilsammer

Le Vendredi 29 Janvier 2010 à 20h30 - Opéra Théâtre

Oeuvre(s)

Les termes classicisme et néo-classicisme sont utilisés par toutes les disciplines artistiques : en architecture, en peinture, en cinéma, en littérature et, bien évidemment en musique. L'étrange est que, d'une discipline à l'autre, les époques concernées diffèrent considérablement : en peinture, le classicisme se réfère à l'antiquité grecque, tandis que, en musique, il a débuté, en terre autrichienne vers 1760 et s'est achevé avec la mort de Beethoven. Quant au néo-classicisme musical, il a réellement commencé après la Première guerre mondiale. C'est donc ce couple néo-classicisme - classicisme qui est au cœur de ce concert.
La référence classique de ce concert est la magnifique Symphonie n° 35, en ré majeur, dite Haffner, de Mozart. Avec une grouillante théâtralité, Mozart y met en scène les enjeux de l'harmonie tonale, dont le règne avait juste commencé et joue avec les échelles sonores et les connotations, légèrement différentes, qui animent les trois groupes de l'orchestre : avec leur tempérament égal, les cordes touchent aux civilités sociales à Vienne ; avec leur tempérament riches en subtiles moirures chromatiques, les bois (flûtes, hautbois, clarinettes et bassons) se réfèrent au monde agreste et au plein air campagnard ; enfin, avec leur tempérament naturel, les cuivres signalent leur origine militaire et leur fonction de fanfare pour les cérémonies officielles de la cité. Mais par-delà, ces singularités, cette Symphonie n° 35, s'érige en modèle de l'écriture classique. Deux siècles après, Milhaud, Ravel et Martinu regardèrent, chacun à sa façon, ce classicisme et façonnèrent leur néo-classicisme.
La Petite Symphonie n°5 de Milhaud appartient à une époque où, à l'égard de la symphonie, ce compositeur aixois en rechercha les moyens les plus essentiels : en effectif (l'orchestre est réduit à dix instruments à vent), en écriture (les développements sont les plus ramassés possibles) et en durée (la symphonie, en ses trois mouvements cumulés, n'excède pas cinq minutes). Bref, un aphorisme de symphonie.
Pour son si fameux Concerto en sol, Ravel eut un modèle avéré - le concerto viennois alla Haydn ou alla Mozart - mais formidablement détourné : le jazz y domine dans les premier et troisième mouvements, tandis que, dans le mouvement médian et au cours d'une mélodie mélancolique, infinie et suspendue, le classicisme viennois y est tendrement chéri.
Quant au Concerto pour deux orchestres à cordes, piano et timbales, Martinu remonte à un modèle encore plus ancien : le concerto grosso baroque, où deux entités musicales d'inégale force - un ensemble de solistes et un groupe plus nourri - dialoguent dans le temps et dans l'espace. La mélancolie y laisse la place à une sourde angoisse : sismographe fidèle, Martinu acheva cette œuvre en 1938, la veille des Accords de Munich …
Qui oserait prétendre que classicisme et néo-classicisme ignorent l'Histoire ?
Frank Langlois
Prix des places :
Catégorie1234
Plein tarif35302010
Groupes2820147
Jeunes171374
Darius Milhaud
Petite Symphonie n°5, opus 75

Maurice Ravel
Concerto pour piano et orchestre en sol majeur

Bohuslav Martinù
Concerto pour deux orchestres à cordes, piano et timbales dit également Double Concerto, H. 271

Wolfgang Amadeus Mozart
Symphonie n° 35, en ré majeur, dite Haffner, K. 385
  • Orchestre Lyrique de Région Avignon Provence
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