Direction Alexandre Vakoulsky-Violon Vadim Repin
Le Vendredi 11 Juin 2010 à 20h30 - Opéra Théâtre -
Durée : 20 min
Concert de prestige
Avec une énergie saisissante, et pourtant, dans une période historique particulièrement troublée - entre le début de la première guerre mondiale et le déclenchement de la révolution soviétique -, Prokofiev (1891-1953) réinventa le néo-classicisme, en conviant, à part égales, le classicisme et le romantisme et en attribuant à chacun sa fonction propre : au classicisme, l'énergie créatrice motrice dans les mouvements rapides ; et au romantisme, un lyrisme mélodique aussi désolé que mélancolique. Tous ceux de ses contemporains et successeurs que la recherche de langages nouveaux n'intéressait pas en furent profondément marqués : de Poulenc à Britten, de Chostakovitch à nombre de compositeurs du Nouveau-Monde ou de l'Asie. Même si, en apparence (exceptionnellement, son premier mouvement est méditatif), le Concerto pour violon n°2, en sol mineur de Prokofiev la modifie quelque peu, cette règle innerve cette œuvre aussi lyrique que brillante, … aussi romantique que classique ! Surtout quand sa haute virtuosité, tour à tour joueuse et élégiaque, est magnifiée par Vadim Repin, qui est un des rares indépassables maîtres du violon à se situer dan la lignée des Kochanski, Oistrakh, Heifetz et autres Milstein. Ce prince de l'archet nous fait l'immense honneur, lui si rare en France, de partager ce grand moment de musique avec l'Orchestre lyrique de région Avignon - Provence et son directeur musical, Jonathan Schiffman.
La Symphonie n°1, en sol mineur (1891-1892) de Nielsen rend un écho évident à ces deux œuvres. De son vivant, le Danois Carl Nielsen (1865-1931) ne connut pas le même rayonnement international que son contemporain Jean Sibelius. Profitant du terrain que la génération précédente - essentiellement avec et grâce à Edvard Grieg - avait éclairci, il put donner, d'emblée, libre cours à son talent : sur un socle classique et romantique, il jette des harmonies tendues et de puissantes et irradiantes sonorités. Et si quelques rares mais saisissantes plages au temps musical alenti peuvent inciter faire songer ses auditeurs à des paysages scandinaves, la fougue générale qui emporte l'œuvre témoigne d'un langage personnel maîtrisé, hardi, presque épique. Trop rarement joué en France, le corpus symphonique de Nielsen mérite toute notre attention.
Éric Tanguy (né en 1968) atteste que le débat posé par Prokofiev n'a rien perdu de son acuité. Lauréat des Victoires de la Musique classique en 2004 et joué par des interprètes prestigieux - à commencer par Mstislav Rostropovitch et Seiji Ozawa -, il élabore une captivante œuvre tendue et poétique.
Frank Langlois
Prix des places : | Catégorie | 1 | 2 | 3 | 4 |
| Plein tarif | 40 | 30 | 20 | 10 |
| Groupes | 35 | 25 | 15 | 7 |
| Jeunes | 20 | 15 | 7 | 4 |